La Famille Leblanc.

Publié le par Raimbourg Frantz-Minh

Entretien avec Robin, Rebecca et leurs trois filles (Charlotte, Rosalie, Mélodie) à l’occasion de leur tournée européenne et la sortie de  leur troisième opus.
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Traversées Tatihou. Août 2026. Photo : Frantz-Minh Raimbourg.

Traversées Tatihou. Août 2026. Photo : Frantz-Minh Raimbourg.

Vous êtes établis à Bathurst, une ville du Canada située au nord-est de la province du New-Brunswick. Vous venez de familles de musiciens ?
Robin : Tout à fait.  Nous en sommes à sept générations de violonistes.  Dans les années 1960 / 1970,  on a pu enregistrer une grande partie du répertoire familial  et ainsi  sauver plus de 200 pièces de l’oubli.
En ce qui me concerne, J’ai d’abord été formé en piano classique, avant d’explorer divers instruments (batterie, violon). A  l’âge de 19 ans, j’ai beaucoup voyagé, en Europe en particulier. Quand je suis revenu en Acadie, j’ai renoué avec mes racines musicales en dénichant de vieux airs traditionnels, avec l’envie de les remettre au goût du jour avec des arrangements plus modernes. C’est finalement, le départ du projet de la Famille Leblanc qui a pris forme au fil des années.
Rebecca : Je suis originaire de Plessisville au Québec, mais je vis en Acadie depuis 25 ans (sourire).  Chez nous, on chantait beaucoup, c’était surtout des chants  à répondre.
Charlotte : En 2016, lors d’un voyage au Festival des Traditions du Monde de Gannat, en France, nous étions toutes les trois très jeunes, on présentait des chansons acadiennes et des numéros de gigue.  
Mélodie : L’année suivante, nous avons choisi chacune un instrument : le violon pour Charlotte, le concertina anglais pour Rosalie, et la flûte irlandaise pour moi.
Rosalie : Nos parents sont enseignants tous les deux. Les jours de tempête de neige, les voitures et les autobus ne pouvant pas nous emmener à l’école et notre père étant également en congé, on profite de ces moments pour répéter à la maison.  Sinon, on pratique souvent le matin avant de partir sur nos lieux de travail et d’enseignement.
Rebecca : La transmission se fait par l’oralité, les filles apprennent très rapidement.
La Famille Leblanc.
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Robin,  à la même époque, il y a eu également un album (« Sur l’an premier pour danser” 2016) en collaboration avec le chanteur / producteur /compositeur Nicolas Basque !
Ce sont des pièces issues du patrimoine acadien régional, familial et certainement jouées avant l’avènement de la radio entre la fin du 19e et le début du 20e siècle et peut-être même plus anciennes.
Comme je le disais, c’est au retour des mes séjours  en Europe et d’un voyage en Louisiane que j’ai eu envie de redécouvrir ma région, c’est- à-dire le golfe du Saint-Laurent. Je suis parti aux Îles-de-la-Madeleine, puis, j’ai passé beaucoup de temps à aller visiter des membres de la famille et à fouiller dans les archives du Centre d’Etudes Acadiennes à Moncton. Ce disque qui résulte de tout cela  a été enregistré à la maison lors d’une fin de semaine. On a voulu que la prise de son du violon et des pieds soit le plus authentique possible, c'est-à-dire sans retouche.
La Famille Leblanc.
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Que s’est-il passé ensuite ?
Robin : nous nous étions déjà rendus en France et en Corée pour présenter notre musique. Une tournée européenne était prévue, mais la pandémie a modifié nos plans.
En deux jours, depuis notre cuisine, nous avons enregistré ensemble “Trois jolies Demoiselles”. Ce sont des airs (et quelques chansons) ancrés dans la tradition (de la Péninsule Acadienne à la Gaspésie, en passant par Chéticamp jusqu'à Memramcook, le village de nos ancêtres, l'Île-du-Prince-Édouard, les Îles de la Madeleine et Terre-Neuve)  qui ont traversé les océans depuis le Poitou et les pays celtes.
Rebecca : Un peu plus tard, la même année, Francine Hébert a réalisé un documentaire « Une façon d'être ensemble » sur notre famille. Nous habitons dans la Baie des Chaleurs, sur une ferme ancestrale en quasi-autosuffisance grâce à notre verger et notre cave à fromage.  Le film a remporté le Prix La Vague du meilleur Court-Métrage au Festival International du Cinéma Francophone en Acadie.
Il y a eu ensuite : « 'Perdrais-je mon temps... Would I be losing my time...' » !
Robin : C’est un peu la suite du précédent : des titres traditionnels mais aussi quelques compositions. Nicolas Basque est  présent une nouvelle fois en tant que musicien et arrangeur. Julien Breau est  à la contrebasse.
Parlons maintenant de votre dernier album «  Amourette » !
Charlotte : Toutes les chansons viennent des archives, mais les pièces instrumentales sont des compositions de Mélodie, de mon père et de Nicolas. 
Mélodie : « Le Départ de Charlotte » évoque le départ de ma grande sœur à l’Université de Moncton et la complicité qui nous unit toutes les trois.
Rosalie : Nous avons beaucoup de chance de grandir ensemble, de parcourir le monde en famille avec notre musique.
Robin : On peut entendre la célèbre balade « Prisons de Nantes », ici dans une version acadienne moins connue en France. Il y a également « Après ma journée faite », l’histoire et la mélodie sont différentes, mais on retrouve le thème de « A la Claire Fontaine ».
Une grande partie des titres nous rappelle d’ailleurs le parcours mouvementé de nos familles, de  nos villages, sur des musiques traditionnelles réinventées. Les paroles ont parfois plusieurs sens.
Charlotte : En tant que jeunes personnes, les textes nous parlent sans doute un peu moins.  Notre envie, c’est de pouvoir apporter quelques nouveautés dans les compositions, avec nos instruments et nos tempéraments différents.
Rebecca : Je compose et j’écris également. Mais ce que je fais est très différent de la Famille Leblanc, c’est une autre esthétique avec des paroles plus personnelles.
Traversées Tatihou. Août 2026. Photo : Frantz-Minh Raimbourg.
Traversées Tatihou. Août 2026. Photo : Frantz-Minh Raimbourg.

Traversées Tatihou. Août 2026. Photo : Frantz-Minh Raimbourg.

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Et la scène ?
Mélodie : L’année dernière, nous avons travaillé avec un metteur en scène. Il nous a aidés dans  nos mouvements, nos déplacements dans l’espace.
Rosalie : cela nous a permis d’ajouter un côté théâtral à la musique.
Rebecca : J’ai vu les filles grandir, évoluer au contact du public. Charlotte chante beaucoup plus maintenant, Rosalie nous accompagne au piano sur certaines tunes.
Robin : Suivant les lieux, les collaborations, les circonstances, il peut y avoir des moments d’improvisation, mais une partie du show ne change pas…
 
Entretien réalisé à Saint-Vaast-la-Hougue dans le cadre des Traversées Tatihou par Frantz-Minh Raimbourg.

Publié dans Folk

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