Musiques Métisses. « Cultivez votre curiosité ». 50ème édition. Angoulême. 4.5.6 juin 2026.

Publié le par Raimbourg Frantz-Minh

Festival pionnier, « Musiques Métisses » a permis la reconnaissance des musiques urbaines populaires et d’artistes emblématiques d'Afrique, de la Caraïbe, d'Amérique latine, de l'Océan indien, sans oublier les départements d'outre-mer  et autres auprès du grand public en France.
Rappelons que la première édition avait eu lieu en 1976 sous l’appellation de « Jazz en France » avant de s’appeler  « Jazz et Musiques Métisses » puis par son  nom  définitif en 1990.
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Musiques Métisses. «  Cultivez votre curiosité ». 50ème édition.                                     Angoulême. 4.5.6 juin 2026.
Musiques Métisses. «  Cultivez votre curiosité ». 50ème édition.                                     Angoulême. 4.5.6 juin 2026.
Musiques Métisses. «  Cultivez votre curiosité ». 50ème édition.                                     Angoulême. 4.5.6 juin 2026.
En 2015, à l’occasion à l’occasion des 40 bougies de l’évènement, nous avions rencontré le fondateur Christian Mousset (N DLR : Article du 29 août 2015 sur ce même blog). Porté depuis une dizaine d’années par Patrick Duval, le festival soutenu par de nombreux partenaires et des organisations comme  Zone Franche (Le Réseau des Musiques du Monde), fêtait ses 50 ans sur le site des Chais Magelis au bord de la Charente à Angoulême.
Sur place : une grande scène, deux plus petites (« Le Jardin », « La Caravane ») et au milieu l’immense esplanade où on pouvait trouver des points de restauration, de nombreux stands tenus par des associations et des exposants.
Musiques Métisses, c’est bien sûr des concerts, mais également du cinéma (« Ciné Métis »), des expositions ( « Fred le Chevalier, Gilles Perrin, Nadia Nakhlé, Cécile ValadeLiz Mosa », « Mémoires des Musiques du Monde », « 50 ans en 50 affiches », « 50 ans de Musiques Métisses », « Les Krâneuses qui tétonnent »), sans oublier « Casamarmaille » le coin destiné au jeune public.
« Littératures Métisses », festival dans le festival invite de nombreux auteurs/autrices venu.e.s cette année de France, d’Afrique et du Moyen-Orient pour des « Rencontres Littéraires » qui se tenaient sur place et dans plusieurs autres lieux de la ville.
Diaporama journée du 4 Juin : Barrut, Sniper, Tarakna, Malcom Savah. (Photos : Frantz-Minh Raimbourg)
Diaporama journée du 4 Juin : Barrut, Sniper, Tarakna, Malcom Savah. (Photos : Frantz-Minh Raimbourg)
Diaporama journée du 4 Juin : Barrut, Sniper, Tarakna, Malcom Savah. (Photos : Frantz-Minh Raimbourg)
Diaporama journée du 4 Juin : Barrut, Sniper, Tarakna, Malcom Savah. (Photos : Frantz-Minh Raimbourg)

Diaporama journée du 4 Juin : Barrut, Sniper, Tarakna, Malcom Savah. (Photos : Frantz-Minh Raimbourg)

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Pour fêter ce cinquantenaire, de nombreux artistes ont répondu présents et l’affiche était à la hauteur du moment.
Le jeudi soir, c’est la formation  de polyphonies occitanes Barrut qui a ouvert les festivités sur la grande scène. Après 10 années d’existence et plus de 400 concerts, les sept belles voix (2 femmes, 5 hommes) s’accompagnent de percussions, continuent leur chemin entre poésie et révolte et prépare un nouveau spectacle tiré de leur dernier album « "Travèrsas".
Plus tard au même endroit,  on a pu entendre Sniper, un des groupes historiques du rap français. Formé en 1997 dans le Val-d’Oise et  très populaire dans les années 2000 (les disques « Du Rire aux Larmes », « Gravé dans la roche »). Le duo Tunisiano (Bachir Baccour) / Aketo (Ryad Selmi) et leurs musiciens ont mis une belle ambiance avec des textes très engagés et une forme scénique indéniable.
Tard dans la soirée, la petite scène du « Jardin »  accueillait Tarakna ( « Tapis de laine » en langue Amazigh). Porté par la voix envoûtante et le qanûn de Kahina Afzim, le quatuor célèbre les contes berbères d’Algérie et la poésie des femmes kabyles sur des délicats arrangements électro-acoustiques. Belle découverte.
Notons également la présence fortement appréciée en ce premier jour sur la petite scène de « La Caravane » de Malcom Savah et ses pépites disco funk puis, plus tard dans la nuit, de l’électro-pop de MaPublicTherapy.
Diaporama journée du 5 Juin : Danyèl Waro, Mandé Sila, Les Egarés ( Sissoko, Segal, Peirani, Parisien), Piers Faccini et Christine Zayed, Groundation . (Photos : Frantz-Minh Raimbourg)
Diaporama journée du 5 Juin : Danyèl Waro, Mandé Sila, Les Egarés ( Sissoko, Segal, Peirani, Parisien), Piers Faccini et Christine Zayed, Groundation . (Photos : Frantz-Minh Raimbourg)
Diaporama journée du 5 Juin : Danyèl Waro, Mandé Sila, Les Egarés ( Sissoko, Segal, Peirani, Parisien), Piers Faccini et Christine Zayed, Groundation . (Photos : Frantz-Minh Raimbourg)
Diaporama journée du 5 Juin : Danyèl Waro, Mandé Sila, Les Egarés ( Sissoko, Segal, Peirani, Parisien), Piers Faccini et Christine Zayed, Groundation . (Photos : Frantz-Minh Raimbourg)
Diaporama journée du 5 Juin : Danyèl Waro, Mandé Sila, Les Egarés ( Sissoko, Segal, Peirani, Parisien), Piers Faccini et Christine Zayed, Groundation . (Photos : Frantz-Minh Raimbourg)
Diaporama journée du 5 Juin : Danyèl Waro, Mandé Sila, Les Egarés ( Sissoko, Segal, Peirani, Parisien), Piers Faccini et Christine Zayed, Groundation . (Photos : Frantz-Minh Raimbourg)
Diaporama journée du 5 Juin : Danyèl Waro, Mandé Sila, Les Egarés ( Sissoko, Segal, Peirani, Parisien), Piers Faccini et Christine Zayed, Groundation . (Photos : Frantz-Minh Raimbourg)
Diaporama journée du 5 Juin : Danyèl Waro, Mandé Sila, Les Egarés ( Sissoko, Segal, Peirani, Parisien), Piers Faccini et Christine Zayed, Groundation . (Photos : Frantz-Minh Raimbourg)
Diaporama journée du 5 Juin : Danyèl Waro, Mandé Sila, Les Egarés ( Sissoko, Segal, Peirani, Parisien), Piers Faccini et Christine Zayed, Groundation . (Photos : Frantz-Minh Raimbourg)
Diaporama journée du 5 Juin : Danyèl Waro, Mandé Sila, Les Egarés ( Sissoko, Segal, Peirani, Parisien), Piers Faccini et Christine Zayed, Groundation . (Photos : Frantz-Minh Raimbourg)
Diaporama journée du 5 Juin : Danyèl Waro, Mandé Sila, Les Egarés ( Sissoko, Segal, Peirani, Parisien), Piers Faccini et Christine Zayed, Groundation . (Photos : Frantz-Minh Raimbourg)
Diaporama journée du 5 Juin : Danyèl Waro, Mandé Sila, Les Egarés ( Sissoko, Segal, Peirani, Parisien), Piers Faccini et Christine Zayed, Groundation . (Photos : Frantz-Minh Raimbourg)

Diaporama journée du 5 Juin : Danyèl Waro, Mandé Sila, Les Egarés ( Sissoko, Segal, Peirani, Parisien), Piers Faccini et Christine Zayed, Groundation . (Photos : Frantz-Minh Raimbourg)

Le lendemain, ce n’est pas sans une certaine émotion qu’on retrouvait un fidèle du festival, Danyèl Waro ((NDLR : Entretien du 24 juillet 2020 sur ce même blog), la veille de son ultime concert en métropole au Cabaret Sauvage à Paris.
L’ambassadeur le plus connu d’une musique désormais classée (depuis le 01 octobre 2009) au patrimoine immatériel de l’UNESCO et symbole vivant de la résistance pour la langue créole a envie maintenant de rester chez lui. Comme il le dit lui-même : « les gens viendront me voir à La Réunion, ou ailleurs autour de temps en temps … ». En attendant, le public était bien là et lui a fait un triomphe bien mérité.
La scène du « Jardin » était bien petite pour accueillir Mandé Sila qui réunit quatre grands noms des musiques mandingues : le Malien Habib Koïté, éminent guitariste, considéré comme un des plus populaires troubadours de l’Afrique de l’Ouest, Aly Keïta, venu de Côte d’Ivoire et incroyable virtuose du balafon, le formidable koriste Lamine Cissokho né au Sénégal, sans oublier le percussionniste Mama Koné, complice de longue date d’Habib Koïté. Les musiciens auront fait danser le public autour de compositions originales de haute volée et d’improvisations vertigineuses. Beaucoup de joie et de chaleur humaine partagées. Sans conteste, un des grands moments du festival.
Un peu plus tard, un autre quatuor se produisait sur la scène principale : les Egarés, soit Ballaké Sissoko (kora), Emile Parisien (clarinette), Vincent Peirani (accordéon) et Vincent Ségal (violoncelle). Quatre musiciens bien connus. Jazz, musique de chambre, parfums d’Afrique mandingue et autres… Une formule innovante qui avait remporté un réel succès il y a quelques années.et qu’on retrouvait avec plaisir.
Retour au « Jardin » pour une rencontre intimiste, poétique et métissée entre la talentueuse musicienne/compositrice palestinienne et joueuse de Qanûm  Christine Zayed et l’auteur-compositeur-guitariste nomade Piers Faccini.
Très attendu, le groupe de reggae roots californien Groundation n’a pas déçu. Emmené par leur charismatique leader Harrisson Stafford, l’orchestre mêle rythmes jamaïcains, soul,  jazz/funk, polyrythmies d'Amérique latines/africaines et harmonies soul. Un set tout en énergie qui a fait chavirer le public.
Fin de soirée avec le duo d’électro/dub/reggae Made in Dub qui mélange chant, guitare, machines et vidéos.
Diaporama journée du 6 Juin 2026 : David Walters, Thanda Choir, L'Antidote, Fatoumata Diawara, Ala.ni, HK, Ana Carla Maza, Le Kabaré Kréol (René Lacaille). (Photos : Frantz-Minh Raimbourg)
Diaporama journée du 6 Juin 2026 : David Walters, Thanda Choir, L'Antidote, Fatoumata Diawara, Ala.ni, HK, Ana Carla Maza, Le Kabaré Kréol (René Lacaille). (Photos : Frantz-Minh Raimbourg)
Diaporama journée du 6 Juin 2026 : David Walters, Thanda Choir, L'Antidote, Fatoumata Diawara, Ala.ni, HK, Ana Carla Maza, Le Kabaré Kréol (René Lacaille). (Photos : Frantz-Minh Raimbourg)
Diaporama journée du 6 Juin 2026 : David Walters, Thanda Choir, L'Antidote, Fatoumata Diawara, Ala.ni, HK, Ana Carla Maza, Le Kabaré Kréol (René Lacaille). (Photos : Frantz-Minh Raimbourg)
Diaporama journée du 6 Juin 2026 : David Walters, Thanda Choir, L'Antidote, Fatoumata Diawara, Ala.ni, HK, Ana Carla Maza, Le Kabaré Kréol (René Lacaille). (Photos : Frantz-Minh Raimbourg)
Diaporama journée du 6 Juin 2026 : David Walters, Thanda Choir, L'Antidote, Fatoumata Diawara, Ala.ni, HK, Ana Carla Maza, Le Kabaré Kréol (René Lacaille). (Photos : Frantz-Minh Raimbourg)
Diaporama journée du 6 Juin 2026 : David Walters, Thanda Choir, L'Antidote, Fatoumata Diawara, Ala.ni, HK, Ana Carla Maza, Le Kabaré Kréol (René Lacaille). (Photos : Frantz-Minh Raimbourg)
Diaporama journée du 6 Juin 2026 : David Walters, Thanda Choir, L'Antidote, Fatoumata Diawara, Ala.ni, HK, Ana Carla Maza, Le Kabaré Kréol (René Lacaille). (Photos : Frantz-Minh Raimbourg)
Diaporama journée du 6 Juin 2026 : David Walters, Thanda Choir, L'Antidote, Fatoumata Diawara, Ala.ni, HK, Ana Carla Maza, Le Kabaré Kréol (René Lacaille). (Photos : Frantz-Minh Raimbourg)
Diaporama journée du 6 Juin 2026 : David Walters, Thanda Choir, L'Antidote, Fatoumata Diawara, Ala.ni, HK, Ana Carla Maza, Le Kabaré Kréol (René Lacaille). (Photos : Frantz-Minh Raimbourg)
Diaporama journée du 6 Juin 2026 : David Walters, Thanda Choir, L'Antidote, Fatoumata Diawara, Ala.ni, HK, Ana Carla Maza, Le Kabaré Kréol (René Lacaille). (Photos : Frantz-Minh Raimbourg)
Diaporama journée du 6 Juin 2026 : David Walters, Thanda Choir, L'Antidote, Fatoumata Diawara, Ala.ni, HK, Ana Carla Maza, Le Kabaré Kréol (René Lacaille). (Photos : Frantz-Minh Raimbourg)
Diaporama journée du 6 Juin 2026 : David Walters, Thanda Choir, L'Antidote, Fatoumata Diawara, Ala.ni, HK, Ana Carla Maza, Le Kabaré Kréol (René Lacaille). (Photos : Frantz-Minh Raimbourg)

Diaporama journée du 6 Juin 2026 : David Walters, Thanda Choir, L'Antidote, Fatoumata Diawara, Ala.ni, HK, Ana Carla Maza, Le Kabaré Kréol (René Lacaille). (Photos : Frantz-Minh Raimbourg)

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Le samedi et dernier jour, les réjouissances démarraient au « Jardin » avec le chaleureux et magnétique David Walters (et ses musiciens) qui nous a entraîné dans son univers solaire, entre folk, électro et langue créole. Un très agréable moment.
De l’autre côté du site, une belle surprise nous attendait avec la vibrante chorale Thanda Choir venue d’Afrique de sud. Fondé en 2023 à Khayelitsha, deuxième plus grand township de la métropole du Cap, le chœur, composé de 15 jeunes chanteurs/chanteuses/musiciens a été  repéré par Mélody Gardot qui les a invité sur la scène de l'Olympia. On pense bien sûr aux formations légendaires telles les historiques Manhattan Brothers (d’où est sorti Miriam Makeba), le Soweto Gospel Choir et Ladysmith Black Mambazo. Il fut un temps où les artistes sud-africains se faisaient entendre en France (Merci Johnny Clegg), le succès de Thanda choir nous a transporté et fait espérer un retour de ces merveilleuses musiques qui n’attendent qu’à être redécouvertes.
L’Antidote. Ce drôle de nom réunit l’Albanais Reni Hasa au violoncelle, le Libanais Rami Khalifé (frère de Bachar Mar Khalifé), piano et l’Iranien Bijan Chemirani (Trio Chemirani) aux percussions persanes. Trois musiciens de renommée internationale qui mêlent influences classiques, électroniques et traditions persanes pour créer une atmosphère lumineuse et cinématographique. 
Tête d’affiche de la journée, la Malienne Fatoumata Diawara a offert un show calibré pour les grandes scènes. Ambiances jazz, blues et rock, chorégraphies spectaculaires et costumes/masques flamboyants, la chanteuse/guitariste  déploie une vitalité communicative en n’oubliant pas les traditions du Wassoulou et de défendre des causes qui lui sont chères comme la lutte contre les mutilations génitales, la place de la femme dans la société et le Droit des enfants en Afrique.
Retrouvailles ensuite avec la chanteuse grenado/britanique Ala.ni  et ses deux musiciens (Violoncelle et guitare). Dans un registre jazz/soul/pop intime, la voix fluide et claire de la chanteuse fait toujours merveille et nous a emmenés en voyage, entre introspection, mémoire et fête.
Pour (presque) clore le Cinquantenaire de l’évènement et ses belles couleurs Métissées, HK, de son vrai nom Kaddour Hadadi et ses musiciens/choristes ont fait chanter/danser la foule avec leurs « tubes » festifs et engagés (« Le célèbre « On lâche rien ! », c’est lui !). Entre, reggae, rap et musiques du monde, encore un beau moment de partage avec en bonus, un duo fraternel avec Mouss, chanteur des  célèbres Zebda.
Derniers instants au « Jardin » avec la violoncelliste cubaine Ana Carla Maza. Dans un tourbillon de rythmes latins, la très dynamique musicienne et ses complices ont enflammé la petite scène, bousculant au passage les codes des musiques dite « Classique ».
Il ne nous restait plus qu’à retrouver  le Kabaré Kréol, incarné par Le Vétéran René Lacaille ((qui a reçu en 2025 le « Grand Prix de l’Académie Charles Cros In Honorem Musiques du Monde pour l'ensemble de sa carrière »). Cet autre figure emblématique des musiques réunionnaises était entouré pour l'occasion de son fils Marco, de Bonbon Vodou (sa fille Oriane et JereM Boucris) et de quelques autres invités. Malgré l'heure tardive, le multi-  instrumentiste et /compositeur nous a fait entrer de plain-pied dans son univers artistique, amical et familial et a fait danser le public jusqu'au milieu de la nuit.
Racines, ouverture, vivre-ensemble, le monde de Musiques Métisses est un monde de couleurs. Il nous reste plus qu'à souhaiter que le route soit encore longue et belle. L prochain rendez-vous aura lieu en juin 2027.
                                       
                                                   Article réalisé par Frantz-Minh Raimbourg.

 

 

 

Publié dans Festivals.

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