Ray Lema.

Publié le par Raimbourg Frantz-Minh

En avril dernier, le congolais Ray Lema fêtait au Studio de l'Ermitage à Paris, ses 80 ans et la sortie de son album "Passion Congo", réalisé avec l'Ensemble Partage.
A cette occasion, nous rééditons une longue chronique paru dans la défunte revue "Trad Mag" à l'automne 2013.
Dans un prochain article , nous reviendrons sur l'actualité récente du célèbre musicien. 

 

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Parc Floral de Vincennes. Septembre 2020.  Photos : Frantz-Minh Raimbourg.
Parc Floral de Vincennes. Septembre 2020.  Photos : Frantz-Minh Raimbourg.

Parc Floral de Vincennes. Septembre 2020. Photos : Frantz-Minh Raimbourg.

Né au Zaïre (aujourd’hui RDC), Ray Lema découvre la musique à l’adolescence à travers le piano et une culture occidentale « classique » bien différente de celle de ses racines. Plus tard, il apprend la guitare, intègre un orchestre de rock avant de croiser la route de quelques légendes congolaises comme Joseph Kabasele et Tabu Ley Rochereau.
Le lien avec les traditions se fait au début des années 1970. Il voyage alors à travers tout le vaste pays, un magnétophone sous le bras et recueille de nombreux sons, danses ou chants. Riche de cette expérience, il repart sillonner les régions et rassemble autour de lui des maîtres musiciens et danseurs des nombreuses ethnies afin de créer à la demande du gouvernement, le Ballet National du Zaïre. Ce travail immense d’exploration changera sa vie et sa vision de la musique pour toujours. Il n’a cessé depuis de s’inspirer de ses rencontres passées et présentes pour recouvrir les cadences africaines dans des compositions au langage musical très personnel.
Suite à un profond désaccord avec la Présidence du pays, il part en 1979 pour un long séjour aux Etats-Unis. Il franchit ensuite l’atlantique pour venir en Belgique avant de s’installer définitivement en France en 1982.
Il commence  à se faire connaître dans les « Nuits musicales » organisées par le magazine Actuel. Le directeur de la revue, Jean-François Bizot, deviendra son producteur durant quelques années. Pendant cette  décennie, Ray Lema multiplie les collaborations musicales et enregistre de nombreux albums.
Ray Lema.
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Quelques mois après la sortie de son dernier disque (« VSNP. Very Special New Production »), Buda Musique réédite dans un coffret cinq des albums majeurs du compositeur, parus entre 1992 et 2004.

Le premier CD du coffret (« Voix Bulgares ») est le fruit de sa rencontre en 1993 avec le professeur Stefanov, directeur de « l’Ensemble Pirin » depuis 1956. Accompagnés de 23 chanteuses (dont 14 bulgares et 6 africaines), ils font paraître une galette étonnante composée de morceaux venus de l’héritage et du répertoire des uns et des autres. Le succès de l’ensemble les entraînera dans de longues tournées à travers les pays francophones.

« Tout Partout » arrive dans les bacs en 1994. Entouré de deux choristes, d’une kora, d’une flûte pygmée, d’une guitare ou un accordéon, le compositeur invite entre autres la Fondation artistique ivoirienne, Kiyi M'bock et assure au piano. Cette œuvre « de transition » hésite encore entre des arrangements somptueux et un certain dépouillement.

 « Green Light » (« Lumière verte ». 1996) est réalisé pendant une période où Ray Lema entreprend de nombreuses missions artistiques et pense de plus en plus à la composition instrumentale écrite. Accompagné à nouveau par les chœurs de Cathy Renoir et Isabel Gonzalez et de So Kalmery au didgeridoo, le pianiste/compositeur semble vouloir aller à l’essentiel, entre lignes mélodiques légères, pulsation profonde et des paroles qui fustigent les injustices engendrées par le système économique et politique occidental.

Plus acoustique encore, « Stoptime » (1997) est l'expression d'une certaine maturité (la cinquantaine). Les mélodies douces et fluides, à la façon d’une ballade jazzy  reflètent à la fois  l’héritage classique européen et les années passées à Kinshasa.

Après un enregistrement réalisé avec les Tyour Gnaoua d’Essaouira (« Safi ».2000. Que l’on ne retrouve pas dans le coffret), Ray reprend son chemin en solo et fait paraître en 2004 « Mizila », superbe hommage à la fois jazz, classique et profondément africain  à sa mère aujourd’hui décédée.

Depuis, l’infatigable chercheur continue sa quête : Il enregistre et s’associe sur scène avec différents  orchestres et formations, compose pour le cinéma et le théâtre, produit de nombreux artistes et  s’investit dans l’enseignement en organisant fréquemment des ateliers avec des jeunes instrumentistes de son continent natal.

      Frantz-Minh Raimbourg. (Article paru la première fois dans la revue Trad Mag  à l'automne 2013)

P-S : Depuis, le pianiste / Compositeur a fait paraître de nombreux disques (NDLR : "Riddles" avec Laurent de Wilde. 2016,  "Transcendances". 2018, "On entre KO - on sort OK" (Hommage à Franco Luambo) en 2020, "Wheels" à nouveau avec Laurent de Wilde. .2021, "Passion Congo" avec l'Ensemble Partage. 2026).
 
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