Ray Lema.
Le premier CD du coffret (« Voix Bulgares ») est le fruit de sa rencontre en 1993 avec le professeur Stefanov, directeur de « l’Ensemble Pirin » depuis 1956. Accompagnés de 23 chanteuses (dont 14 bulgares et 6 africaines), ils font paraître une galette étonnante composée de morceaux venus de l’héritage et du répertoire des uns et des autres. Le succès de l’ensemble les entraînera dans de longues tournées à travers les pays francophones.
« Green Light » (« Lumière verte ». 1996) est réalisé pendant une période où Ray Lema entreprend de nombreuses missions artistiques et pense de plus en plus à la composition instrumentale écrite. Accompagné à nouveau par les chœurs de Cathy Renoir et Isabel Gonzalez et de So Kalmery au didgeridoo, le pianiste/compositeur semble vouloir aller à l’essentiel, entre lignes mélodiques légères, pulsation profonde et des paroles qui fustigent les injustices engendrées par le système économique et politique occidental.
Plus acoustique encore, « Stoptime » (1997) est l'expression d'une certaine maturité (la cinquantaine). Les mélodies douces et fluides, à la façon d’une ballade jazzy reflètent à la fois l’héritage classique européen et les années passées à Kinshasa.
Après un enregistrement réalisé avec les Tyour Gnaoua d’Essaouira (« Safi ».2000. Que l’on ne retrouve pas dans le coffret), Ray reprend son chemin en solo et fait paraître en 2004 « Mizila », superbe hommage à la fois jazz, classique et profondément africain à sa mère aujourd’hui décédée.
Depuis, l’infatigable chercheur continue sa quête : Il enregistre et s’associe sur scène avec différents orchestres et formations, compose pour le cinéma et le théâtre, produit de nombreux artistes et s’investit dans l’enseignement en organisant fréquemment des ateliers avec des jeunes instrumentistes de son continent natal.
Frantz-Minh Raimbourg. (Article paru la première fois dans la revue Trad Mag à l'automne 2013)
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