Ray Lema 2026.

Publié le par Raimbourg Frantz-Minh

Rencontre avec le célèbre multi-instrumentiste, auteur-compositeur et chanteur congolais à l’occasion de la sortie de son nouvel album «  Passion Congo » réalisé avec L’Ensemble Partage.
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Studio de l'Ermitage. Paris. Avril 2026. Photos : Frantz-Minh Raimbourg.
Studio de l'Ermitage. Paris. Avril 2026. Photos : Frantz-Minh Raimbourg.
Studio de l'Ermitage. Paris. Avril 2026. Photos : Frantz-Minh Raimbourg.

Studio de l'Ermitage. Paris. Avril 2026. Photos : Frantz-Minh Raimbourg.

Parlez-nous la genèse de ce nouvel opus !
C’est un disque qui raconte mon itinéraire et que j’avais envie de réaliser depuis longtemps.
En 2009, l’année de la France au Brésil (« França.Br 2009 ». L'Année du Brésil en France avait eu lieu en 2005),  le directeur de l’Orchestre symphonique de Sao Paulo  avait demandé au Consulat français de lui trouver des musiciens susceptibles de réarranger des morceaux populaires. C’est ainsi que je me suis trouvé « embarqué » dans cette aventure qui fut un vrai succès. Je suis devenu ami avec le Maestro qui m a encouragé à composer pour un Quatuor à Cordes. Je me suis donc attelé à l’écriture musicale de cette forme particulièrement exigeante. Le travail pour  en comprendre les très nombreuses articulations est immense ! Par exemple, cela change selon si on s'approche ou si on s'éloigne du sillet ou lorsqu’on envoie l'archet vers le haut ou le bas, cela sonne très différemment. J’avais déjà joué avec des formations de musique de chambre et des orchestres symphoniques mais je considère que je suis toujours en apprentissage.
Ray Lema 2026.
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Comment s’est passé la réalisation ?
C’est certainement le disque qui m’a donné le plus de mal au niveau de l’écriture.
Il y a d’abord eu les mélodies. Qu’elles soient du Congo ou d’ailleurs, elles sont comme une page blanche. Si tu en donnes une à un grand artiste, il peut mettre ce qu’il veut dessus. Les six musiciens italiens de l’Ensemble Partage, avec qui je collabore ici, sont des professeurs de conservatoires de haut niveau. Il y a eu une vraie écoute des uns avec les autres, un réel dialogue qui s’est créé, avec souvent des changements de tempo ou de tonalité au cours d’un même morceau. Je ne suis pas, à ce moment là, un pianiste soliste avec des cordes derrière, mes interventions restant même parfois très discrètes.
Le travail avec le percussionniste et le saxophoniste s’est fait de la même façon.
Le nom de la formation s'est imposé naturellement.
Quels genres de musiques peut-on entendre dans « Passion Congo » ?
Au-delà du jazz et du répertoire classique européen, il y a le blues du Désert et le souvenir de ma rencontre avec Ali Farka Touré («Mopti »). C’est avec lui, que j’ai compris d’où venait véritablement le blues. Les bluesmen afro-américains sont liés à une histoire dramatique, la musique du guitariste malien a également une lourd passé mais reste plus légère. Ce morceau, ce n’est pas de la mélancolie mais de la tendresse.
« Hysteria » était au départ une valse. J’ai rajouté deux claves. C’est devenu une musique un peu « hystérique » d’où le titre (Rires).
Le titre « Twist and Smile » n’a rien à voir la danse de l’époque des Yéyés. C’est une pièce pour « Bouger et rigoler »… Le sourire a une fonction vitale.  Il influence notre bien-être, favorise la santé et renforce les relations sociales.
« Matongue » est un hommage à Jean-Sébastien Bach pour qui j’ai toujours eu de l’admiration. Pour ce titre, je suis parti d’une progression et de boucles rythmiques qui donnent une couleur nouvelle et, peut-être plus populaire, à une musique ancienne européenne. Par ailleurs, ce titre désigne un quartier commerçant et associatif africain (principalement congolais) de Bruxelles. Il  tire son appellation actuelle d’un quartier de Kinshasa. C’est donc un regard partagé entre deux pays et deux cultures différentes.
Ngandajika est une localité de la province de Lomani en République Démocratique du Congo.
« Aquarius » a été composé sur un rythme à 5 temps de l’ethnie Ngbandi  de l’ancien dictateur Mobutu.
La salsa est présente («  Salsa Gombo ») comme elle l’a été pendant longtemps en Afrique. Je pense  à des formations et des artistes comme le Béninois Gnonnas Pedro. les Sénégalais  de l’Orchestra Baobab, le Burkinabé Amadou Ballaké, les Maliens de Las Maravillas, et puis bien sûr à Africando.
Le dernier morceau « Partage » est une rumba que j’avais déjà enregistrée il y a très longtemps. C’est le seul morceau chanté. Je tenais beaucoup à ce que le public entende le son de notre langue.
Je n’oublie pas mes racines, de là d’où je viens. A Kinshasa où j’ai habité longtemps, la rumba était partout.
                                           Entretien réalisé à Paris par Frantz-Minh Raimbourg.

 

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