Trio Per Vari Kervarec. Concert "L'Héritage de Bretagne" à Paris. 07 Février 2026.
PAR EVELYNE BONHOMME.
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Ce trio exceptionnel formé en 2020 sous le nom de Pêr Vari Kervarec, chanteur de gwerzioù et cantiques bretons, sonneur et joueur de bombarde, est composé de 2 autres musiciens talentueux Loeiz Méhat, sonneur de biniou et cornemuse écossaise, whistles, également saxophoniste et Tony Dudognon, organiste passionné de musique ancienne. En invité, une trompette aux accords envoûtants les accompagnait.
Après plus d’une centaine de concerts et 4 albums « Kan an Aon, le Chant des Trépassés » en 2022, « Barzaz Breizh, Mémoire d’un Peuple » « Kroagez, l’Île aux Femmes» et « Pelgent, un Noël Breton » en 2025 avec le chanteur et la pianiste Caroline Faget, le groupe s’est produit à Paris à l’Eglise Notre Dame des Champs ce samedi 7 février 2026 pour un concert unique organisé par les bénévoles de la Mission Bretonne (14e).
Ce concert gratuit (participation libre au chapeau à la sortie) a réuni plusieurs centaines de personnes dans l’enceinte du bâtiment religieux, haut lieu de culte cher aux bretons exilés de Paris qui s’y rassemblaient pour l’office depuis longtemps.
Entre textes lus, récits, poèmes, chants portés par la voix singulière et habitée du chanteur et la musique, le trio nous a fait partager l’héritage d’une culture et d’une nation dont la mémoire résonne en nous aujourd’hui. Le son de la bombarde, du biniou et de l’orgue a enveloppé le public dans une acoustique particulière au lieu et aux déplacements constants des musiciens dans l’église faisant vibrer les âmes et les corps,
Au travers de compositions et de reprises de traditionnels des plus grands chanteurs et poètes bretons, Glenn Mor « Dibenn miz Gwengolo », Angela Duval « Karantez Vro » Alan Stivell « Deus ganin me d’am bro » , Jean Pierre Calloc’h « Me zo Ganet er Kreiz er Mor » et d’autres, c’est l’histoire de la Bretagne qui nous a été contée. Ses luttes, ses exils, ses légendes, ses deuils, ses marins perdus en mer, ses veuves, ses hommes et ses femmes mais aussi ses espoirs de faire perdurer une culture et une langue que l’on a voulu d’une certaine façon effacer, sans pour autant tomber dans le repli nationaliste, qui tout en conservant son identité s’ouvre au monde et aux autres cultures. Plac’hig Eusa : « La culture, c’est la mémoire d’un peuple, la conscience collective de la continuité historique, le mode de penser et de vivre » ou encore E Tal er Groaz : « On ne nait pas Breton, on le devient, à l’écoute du vent, du chant des branches, du chant des hommes et de la mer ».
Au "Breizh A Live" le samedi 6 septembre 2025 à la salle Glenmor de Carhaix. (Photos : Frantz-Minh Raimbourg)
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Ainsi se définit la musique du trio Pêr Vari Kervarec comme passeurs de mémoire, soucieux de faire voyager la culture bretonne au-delà de la Bretagne, au-delà des frontières pour y trouver une résonnance partout, sur d’autres territoires tout comme la Corse, l’Occitanie, le Pays Basque ou ailleurs et faire comprendre que toutes les cultures sont dignes d’exister pour ne pas oublier l’histoire des peuples et de la faire perdurer.
Le concert s’est terminé sur l’hymne national breton « Bro Gozh Ma Zadoù » ("Le Vieux Pays de mes Pères"), certains dans le public agitant le drapeau breton dans une effervescence commune.
Au-delà du talent des musiciens, ce fut un moment magique et émouvant, presque spirituel et sacré appelant au recueillement qui a saisi le public. On aurait pu imaginer un instant que celui-ci communiait presque avec la musique et les chants.