Les Traversées Tatihou. 09 au 13 août 2025. Saint-Vaast-La- Hougue.

Publié le par Raimbourg Frantz-Minh

Les Traversées Tatihou. 09 au 13 août 2025. Saint-Vaast-La- Hougue.
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Les lecteurs assidus de La.titudes le savent déjà : le Festival des Traversées Tatihou est un évènement musical pas comme les autres qui nous tient particulièrement à coeur *
Programmé en fonction des coefficients de marées, c’est un des moments forts de l’été culturel de la péninsule du Cotentin.
Diaporama Traversées vers Tatihou. (photos : Frantz-minh Raimbourg)
Diaporama Traversées vers Tatihou. (photos : Frantz-minh Raimbourg)
Diaporama Traversées vers Tatihou. (photos : Frantz-minh Raimbourg)
Diaporama Traversées vers Tatihou. (photos : Frantz-minh Raimbourg)
Diaporama Traversées vers Tatihou. (photos : Frantz-minh Raimbourg)

Diaporama Traversées vers Tatihou. (photos : Frantz-minh Raimbourg)

Il y a toujours la désormais mythique marche sur l'estran, au travers des parcs à huitres pour rejoindre l'île de Tatihou et les concerts dans les jardins et sous le chapiteau. Mais les « Traversées » se sont agrandies au fil des années et le festival, organisé par le Conseil Départemental de la Manche s’est diversifié non seulement sur ses lieux initiaux (Tatihou, Saint-Vaast-la-Hougue) mais également dans différents villages du Val de Saire (Quettehou, Réville, Barfleur, Saint Pierre l’Eglise, Montfarville).
Pour la directrice artistique Laurence Loyer-Camebourg et Catherine Brunaud-Rhin, Vice Présidente en charge de la Culture  du département,  l’édition a été  plus que satisfaisante : « L’évènement doit rester à taille humaine sans trop grandir, toujours gagner plus en qualité et filiation, constituer un vrai lien de convivialité, de partage, de transmissions entre différents horizons et de rapprochement entre les générations. Un « vrai » service public de la culture pour un auditoire toujours plus demandeur et plus acteur ».
Vaste et beau programme qui tient compte aussi de la parité (55 % de femmes) et qui avait  comme  fil rouge cette année des créations associant la musique classique et les voix du monde.
Le public, souvent des habitué.e.s, est venu pour moitié de la Manche, mais également du reste de la Normandie, d’autres régions et même de l’étranger.
Les « Traversées », c’est bien sûr les nombreux concerts (40 cette année) qui ont attiré une majorité des 11500 festivaliers. C’est également des ateliers et stages de pratiques artistiques diverses (initiation aux danses de bal et de couple, écriture, chant percussions, violon), des sessions irlandaises gratuites dans les bars du port, la fameuse « Nuit de bal » sous le chapiteau de Tatihou (5 groupes cette année), les concerts-promenade dans les jardins de l’île, une balade  à vélo « sur la route des marins », le lever du soleil en méditation et musique,  une séance de cinéma (à Réville), une exposition « Tambours battant » autour de 11 portraits de femmes artistes et les rencontres avec certains des musiciens.ne.s/chanteur.se.s invité.e.s  autour de Franck Tenaille (« T’as pas tout dit à Tatihou ») à la Médiathèque sans oublier des visites du patrimoine local.
Ajoutons à tout cela, la collaboration avec deux autres festivals bretons qui avaient lieu quasiment aux mêmes périodes de l’été (le FIL de Lorient et les Chants de Marins de Paimpol) permettant ainsi à plusieurs groupes présents de se produire dans les trois manifestations.
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Diaporama du samedi 09 août : Celtic Odyssée # 4 , Cuarteto Tafi, Gangbé Brass Band (Photos Frantz-Minh Raimbourg).
Diaporama du samedi 09 août : Celtic Odyssée # 4 , Cuarteto Tafi, Gangbé Brass Band (Photos Frantz-Minh Raimbourg).
Diaporama du samedi 09 août : Celtic Odyssée # 4 , Cuarteto Tafi, Gangbé Brass Band (Photos Frantz-Minh Raimbourg).
Diaporama du samedi 09 août : Celtic Odyssée # 4 , Cuarteto Tafi, Gangbé Brass Band (Photos Frantz-Minh Raimbourg).
Diaporama du samedi 09 août : Celtic Odyssée # 4 , Cuarteto Tafi, Gangbé Brass Band (Photos Frantz-Minh Raimbourg).
Diaporama du samedi 09 août : Celtic Odyssée # 4 , Cuarteto Tafi, Gangbé Brass Band (Photos Frantz-Minh Raimbourg).

Diaporama du samedi 09 août : Celtic Odyssée # 4 , Cuarteto Tafi, Gangbé Brass Band (Photos Frantz-Minh Raimbourg).

Samedi 9 août : après l’inauguration et une joyeuse « Grande Traversée d’Ouverture » vers l’île en compagnie de la fanfare béninoise Gangbé Brass Band (qu’on retrouvera le soir en concert sur la Scène à Quai) et de grandes têtes en carton réalisées le matin même dans un atelier conception, le chapiteau était prêt à accueillir « Celtic Odyssée # 4 » mené par le flûtiste/joueur de cornemuse Calum Stewart et son « House Band ». Une nouvelle création avec de nombreux musiciens/chanteurs renommés venus des différentes régions celtes. Citons entre autres, la Bretonne Elodie Jaffré, la violoniste écossaise Lauren MacColl, l’Irlandaise Zoë Conway, le violoncelliste gallois Jordan Price-Williams et le joueur de bouzouki natif des Asturies Rubén Bada. Tout ce joli monde a offert un concert  agréable avec de beaux moments. Il a manqué peu de choses (peut-être un peu plus de complicité entre les artistes qui se retrouvaient tous, il est vrai, pour la deuxième fois seulement !) pour que la soirée devienne exceptionnelle.
Retour sur le continent et les quais du port de Saint-Vaast-la-Hougue, qui s’animaient avec une première soirée gratuite (comme tous les autres soirs), permettant ainsi à un nouveau public souvent composé de familles de découvrir le festival, d’autres musiques et un programme très éclectique, comme on pourra le voir au fil des jours.
Premier voyage avec le Cuarteto Tafi, le groupe franco-argentin formé autour de la chanteuse Leonor Harispe, mêle de façon puissante et engagée le chant en  espagnol avec le son de la Méditerranée orientale du bouzouki grec, la dextérité de la guitare flamenca et les rythmes envoûtants des percussions afros-latines. Belle découverte.
Un peu plus tard, les cuivres de l’orchestre béninois Gangbé Brass Band qui ont plus de 30 ans de carrière ont fait chalouper les nombreux spectateurs avec une débauche d’énergie inspirée du regretté et légendaire chanteur, saxophoniste et chef d'orchestre nigérien Fela Kuti.
Pendant ce temps là sur l’île, 275 danseurs ont passé le « Grand Bal de nuit » pour une célébration jusqu’à l’aube des danses des régions de France en compagnie de plusieurs groupes venus de Normandie, Gascogne et Poitou et du duo breton composé de Jean-Luc Thomas et Gab Faure pour les intermèdes.  
Diaporama du dimanche 10 août : Le Vent du Nord avec l’Ensemble Magnétis  et Philippe Prud’Homme, Imarhan Timbuktu.
Diaporama du dimanche 10 août : Le Vent du Nord avec l’Ensemble Magnétis  et Philippe Prud’Homme, Imarhan Timbuktu.
Diaporama du dimanche 10 août : Le Vent du Nord avec l’Ensemble Magnétis  et Philippe Prud’Homme, Imarhan Timbuktu.
Diaporama du dimanche 10 août : Le Vent du Nord avec l’Ensemble Magnétis  et Philippe Prud’Homme, Imarhan Timbuktu.

Diaporama du dimanche 10 août : Le Vent du Nord avec l’Ensemble Magnétis  et Philippe Prud’Homme, Imarhan Timbuktu.

Dimanche 10 août : En début d’après-midi, les jardins de l’île accueillaient les premiers concerts-promenade  avec quelques-un.e.s des artistes se produisant, tels Maïa Barouh  ou Bonbon Vaudou, ailleurs pendant la durée de l’évènement. Ces rencontres privilégiées et presque intimes se poursuivront les deux jours suivants.
A Saint-Vaast, la salle Max-Pol Fouchet permettait d’entendre les trois complices de Soppo Da Terra. Initié par Carlos Malta, on y a retrouvé le flûtiste Jean-Luc Thomas et le percussionniste Bernardo Agular pour un moment festif entre Bretagne et Brésil.
 L’église de Montfarville était pleine pour  le Trio Chakâm. Beau succès pour ces musiciennes venues de France, d’Iran et de Palestine.
Et puis, il y a eu cette soirée hors du temps à Tatihou… Les cinq québécois du Vent du Nord venus sur scène sans autres instruments que leurs voix (et parfois leurs pieds pour quelques podorythmies), rencontraient l’Ensemble Magnétis  attaché au territoire de la Manche depuis sa création fin 2013 et dirigé par le violoniste Sébastien Bouveyron. A ces deux formations, s’ajoutait le merveilleux pianiste, compositeur, arrangeur Philippe Prud’Homme, venu lui aussi de la province francophone du Canada. Entre musique de chambre classique et les polyphonies du répertoire du Vent du Nord (et de leur dernier disque « Les Voix du Vent Avec Cordes Et Piano » en particulier), l’alchimie fut parfaite et le rendez-vous d’une incroyable beauté. En revenant vers la terre ferme les yeux embués et en écoutant les commentaires des spectateurs autant émus que nous, il était impossible d’occulter la sensation d’avoir vécu un moment suspendu, comme seule (ou presque) la musique peut offrir…
La soirée pouvait cependant continuer sur les quais du port. On avait manqué le duo Lavoà Lapò, (Damien Toumi et Mànu Théron) venu d’Occitanie, il nous restait à se laisser transporter aux confins du désert africain avec Imarhan Timbuktu,  une formation de musique originaire du Mali, entre riffs de guitare blues et tradition touareg.
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Diaporama du lundi 11 août : Trio Zéphyr (in « T’as pas tout dit à Tatihou » autour de Franck Tenaille), Blue Glaz, Maïa Barouh (Photos : Frantz-Minh Raimbourg).à la Médiathèque
Diaporama du lundi 11 août : Trio Zéphyr (in « T’as pas tout dit à Tatihou » autour de Franck Tenaille), Blue Glaz, Maïa Barouh (Photos : Frantz-Minh Raimbourg).à la Médiathèque
Diaporama du lundi 11 août : Trio Zéphyr (in « T’as pas tout dit à Tatihou » autour de Franck Tenaille), Blue Glaz, Maïa Barouh (Photos : Frantz-Minh Raimbourg).à la Médiathèque
Diaporama du lundi 11 août : Trio Zéphyr (in « T’as pas tout dit à Tatihou » autour de Franck Tenaille), Blue Glaz, Maïa Barouh (Photos : Frantz-Minh Raimbourg).à la Médiathèque

Diaporama du lundi 11 août : Trio Zéphyr (in « T’as pas tout dit à Tatihou » autour de Franck Tenaille), Blue Glaz, Maïa Barouh (Photos : Frantz-Minh Raimbourg).à la Médiathèque

Lundi 11 août : Deux grands moments  pour débuter ce troisième jour de festival : la subtile et étonnante franco-québécoise Marion Cousineau à Saint-Vaast-la-Hougue et la Vénézuélienne Rebecca Roger Cruz, immense chanteuse aux influences multiples et accompagnée par quatre musicien.ne.s d’exception à la Halle aux Grains de Quettehou.
En soirée, l’île était aux couleurs irlandaises avec d’abord Salann puis le célèbre groupe américano-irlandais Solas qui fêtait ses 30 années d’existence par une nouvelle tournée mondiale.
Sur le port, deux concerts se sont succédé : d’abord le Quintet féminin vocal (et percussions) de Bretagne les Blue Glaz emmené par la pétillante Morwenn Le Normand et qui aura fait danser le public dans un fest-noz débridé.
Puis la chanteuse/flûtiste franco-japonaise Maïa Barouh. Entre chants ancestraux, électro, rap et percussions, accompagnée de ses complices et de quelques amis (Bonbon Vaudou), la fille de Pierre Barouh créé un univers singulier et passionnant. Une des très belles découvertes de ces « Traversées »
Diaporama du mardi 12 août : René Lacaille et le Kabaré Kréol (avec Mous Amokrane de Zebda et Mourad Musset de La Rue Ketanou). (Photos : Frantz-Minh Raimbourg)
Diaporama du mardi 12 août : René Lacaille et le Kabaré Kréol (avec Mous Amokrane de Zebda et Mourad Musset de La Rue Ketanou). (Photos : Frantz-Minh Raimbourg)
Diaporama du mardi 12 août : René Lacaille et le Kabaré Kréol (avec Mous Amokrane de Zebda et Mourad Musset de La Rue Ketanou). (Photos : Frantz-Minh Raimbourg)

Diaporama du mardi 12 août : René Lacaille et le Kabaré Kréol (avec Mous Amokrane de Zebda et Mourad Musset de La Rue Ketanou). (Photos : Frantz-Minh Raimbourg)

Mardi 12 août : A la salle Max-Pol Fouchet du « Plus beau Village de France 2019 », on a pu voir et entendre le célèbre guitariste/producteur anglais Justin Adams, fidèle compagnon de route de Robert Plant de Led Zeppelin entre autres, en duo avec Mauro Durante, leader du Canzionere Grecanico Atlantico ensemble bien connu des musiques traditionnelles des Pouilles en Italie. Etonnant dialogue entre vibrations ancestrales et esprit punk, ferveur du tamburello et riffs électriques,
Toujours à Saint-Vaast, l’église était bondée pour le Trio à cordes féminin Zéphyr et leur rencontre sensible entre Orient et Occident.
Un peu plus loin sur le port, le duo électro/psychédélique instrumental Chamaye, puis la fanfare Grand Tabazu ont fait danser le public présent.
Retour à Tatihou pour l’autre évènement d’importance de ces « Traversées 2025 », la création « René Lacaille et le Kabaré Kréol »..
Autour du patriarche (qui a reçu cette année le « Grand Prix de l’Académie Charles Cros In Honorem Musiques du Monde pour l'ensemble de sa carrière ») et du maître de cérémonie Soro Solo, ce n’était pas moins d’une vingtaine de musiciens/chanteurs qui sont venus fêter les 70 ans de carrière du fameux accordéoniste (et aussi guitariste !) réunionnais : les enfants Marc et Oriane Lacaille, JereM, mais aussi la harpiste Camille Heim, Saf hey, l’accordéoniste Cédric Pierini, Maïa Barouh, Emmanuelle Ader (de La Mossa), Mous Amokrane de Zebda,  Mourad Musset de La Rue Ketanou.
Ouvrant la soirée en interprétant (et faisant chanter les spectateurs) « Je me suis fait tout petit » de Georges Brassens, clin d’œil à la ville de Sète, où il réside désormais depuis 3 ans, René Lacaille nous a fait entrer de plain-pied dans son univers artistique, amical et familial. Un grand moment de bonheur.
Diaporama du mercredi 13 août : Ganna, les Mystères des Voix bulgares accompagné du Quarto Quartet et de Georgi Andreev (Photos  : Frantz-Minh Raimbourg).
Diaporama du mercredi 13 août : Ganna, les Mystères des Voix bulgares accompagné du Quarto Quartet et de Georgi Andreev (Photos  : Frantz-Minh Raimbourg).
Diaporama du mercredi 13 août : Ganna, les Mystères des Voix bulgares accompagné du Quarto Quartet et de Georgi Andreev (Photos  : Frantz-Minh Raimbourg).

Diaporama du mercredi 13 août : Ganna, les Mystères des Voix bulgares accompagné du Quarto Quartet et de Georgi Andreev (Photos : Frantz-Minh Raimbourg).

Mercredi 13 août : En ce dernier jour de festivités, le public est toujours bien présent à Saint-Vaast-la-Hougue pour aller écouter à l’église l’audacieux  trio de New-Folk Tarren venu du Royaume-Uni voisin, les 4 formidables chanteuses/percussionnistes de La Mòssa (Salle Max-Pol Fouchet) qui naviguent sans se perdre entre mélodies venues de traditions séculaires et compositions bien ancrées dans le présent ou le groupe normand Pied’S’Trad puis le duo franco-béninois Flash Black sur la Scène  à Quai.

A Tatihou, le chapiteau recevait d’abord la chanteuse et compositrice ukrainienne installée à Berlin, Ganna (Gryniva) qui fusionne jazz, électro-folk et chants traditionnels d’Ukraine, puis le célèbre chœur des Mystères des Voix bulgares accompagné du Quarto Quartet (à cordes) et du chef d’orchestre  et instrumentiste Georgi Andreev. Entre chants traditionnels, pièces du répertoire classique et compositions originales, un dernier beau moment sur l’île par un ensemble à la renommée bien méritée.

La 32ème édition aura lieu du 12 au 16 août 2026.

*Lire sur ce même blog les comptes-rendus des Traversées Tatihou 2017, 2022 ET 2024.

                                                  Article réalisé par Frantz-Minh Raimbourg.

 

Publié dans Festivals

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