Vindotalé (2023)

Publié le par Raimbourg Frantz-Minh

Nouvel entretien avec Bleunwenn et Gwénolé Lahalle à l’occasion de la sortie du deuxième album de Vindotalé (« Hunerez ar Bal »).
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Photo : Eric Legret.

Photo : Eric Legret.

Photo : Yves Duloua.

Photo : Yves Duloua.

Notre dernière rencontre date de 2021. Que s’est-il passé depuis ?
Bleunwenn : Le premier album (« Tan ») est sorti à un moment compliqué. On espérait pouvoir le faire vivre sur scène. Il n’y a pas eu de concert pendant cette période et les ventes n’ont évidemment pas été à la hauteur de nos espérances.
Gwénolé : Le seul point positif, c’est que je me suis vite remis à la composition et on a continué à faire de la musique.
Sur ce nouvel album, le duo est devenu quatuor !
G. Stéphane De Vito (basse) a joué avec Ar Re Yaouank et Hiks. Benoit Guillemot (également de Hiks) est à la batterie. Ce sont plus que des invités, ils font partie intégrante du groupe. Au départ, c’étaient des musiciens qu’on connaissait. Ils devaient juste jouer sur quelques titres. Mais finalement, leurs idées, leurs propositions nous ont convaincus et on a trouvé ça tellement bien qu’on leur a proposé de se joindre à nous de manière plus durable (rires).
Quand on travaillait à deux, notre approche était plutôt électro. On s’en est rendu compte en particulier au moment où nous avons pu reprendre les concerts. Les programmations musicales sur ordinateur ainsi que les boîtes à rythmes nous limitaient scène. Stéphane et Benoît redonnent une vie à la section rythmique de Vindotalé et ils apportent une énergie pop et rock qu’on a envie de partager avec le public. Dans le même temps, je peux me permettre de me laisser aller plus franchement à la guitare (rires) !
Vous avez aussi d’autres invités ?
G. Tout à fait. Il y a par exemple Willy Pichard à la vielle à roue sur trois titres. Nous nous étions déjà rencontrés sur scène et on avait collaboré en studio. Il utilise son instrument d’une façon très moderne avec des effets et cela nous convenait parfaitement.
B. Il y a également Fanch Bihan-Gallic qui chante sur « Shony » et la veuze de Clément Le Goff. C’est une cornemuse qui se distingue du biniou kozh par sa plus grande taille.
On a beaucoup réfléchi sur ce qu’on voulait entendre dans « Hunerez ar Bal ». Quels pouvaient être les apports d’instruments acoustiques comme la vielle à roue ou la veuze dans une musique plutôt contemporaine ? Pour cela, on a tenu compte des personnalités musicales et humaines de Willy et Clément. Dans le disque et comme pour Stéphane et Benoît, ils sont bien plus que de simples  interprètes.
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Dessin ; Sébastien Morsard.

Dessin ; Sébastien Morsard.

En ce qui concerne les compositions, qu’est-ce qui vous inspire ?                                            B. On a repris des morceaux issus de la tradition, mais il y a de nombreuses créations originales…
G. Pour cet opus, je reste musicalement sur mon inspiration de base, Dan Ar Braz bien sûr, qui m’a donné envie d’apprendre la guitare, les groupes de rock de mon adolescence, il y a d’ailleurs  un « clin d’œil » à The Edge de U2, mais également les Ecossais de Runrig et d’autres...
B. On savait où on allait, on avait une trame musicale, mais finalement avec l’apport de la section rythmique, le répertoire a pris une forme différente. C’est un peu les surprises inhérentes à notre art : on prévoit quelque chose, on a un carnet de route, puis on se laisse parfois porter vers des chemins de traverse.
G. Au final, ce qui est important, c’est que le morceau sonne, qu’il a une belle couleur, que l’objectif soit atteint même si il n’est pas strictement le même que celui qu’on avait envisagé au début.
Vous chantez en breton, en français et en anglais, mais également en gaélique !
B. Cela nous semblait évident. On va régulièrement s’inspirer des langues « cousines » avec peut-être une affection particulière pour celle qu’on peut toujours entendre en Ecosse.
Plus généralement, ce qui nous motive en dehors de nos propres créations, c’est le choix de textes qui n’ont pas encore été mis en musique et qui ont une universalité, des résonances sur des évènements d’aujourd’hui. Le titre de l’album (« Hunerez ar bal ») signifie « La Dormeuse du Bal », un clin d’œil au poème d’Arthur Rimbaud (« le Dormeur du val ») et fait référence à tous les moments festifs qui n’ont pas pu se tenir durant la pandémie du/de la Covid.
Votre univers est également très visuel, du livret de l’album aux clips !
G. Pour être franc, quand on est artiste, on ne peut plus se passer d’images aujourd’hui pour véhiculer notre travail ! On le fait et avec beaucoup de plaisir…
Bleunwenn, un mot sur la disparition récente de Jean-Paul Corbineau, un des Tri Yann que tu avais remplacé à une époque au sein du groupe !
B. Je vis mon passage chez Tri Yann comme un privilège. Ils ont beaucoup contribué à redonner une certaine fierté à notre culture. En dehors de ça, la voix de Jean-Paul qui était magnifique a été pour beaucoup dans mon envie de chanter. Lorsque je me suis retrouvée « à sa place », symboliquement, ce n’était pas rien et je le dis avec beaucoup d’humilité…
                                          Entretien réalisé par Frantz-Minh Raimbourg.

Publié dans Folk rock celtique.

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