Toufik Farroukh.
PROPOS RECUEILLIS PAR JEAN-PASCAL ASSAILLY.
Entretien avec le producteur, enseignant, saxophoniste et compositeur Toufik Farroukh à l’occasion de la sortie de son disque « Untamed Elegance ».
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Quel est ton parcours ?
Je suis né à Beyrouth à la fin des années 1950. Pendant les années 1970, j’ai appris le saxophone en autodidacte. Ce fut l’occasion de faire des rencontres avec des musiciens confirmés, comme celle avec Ziad Rahbani le fils de Fairuz, la célèbre chanteuse libanaise que j’ai eu l’honneur d’accompagner quelques années plus tard.
Puis, un jour à New York, j’avais une vingtaine d’années, je suis allé écouter Dexter Gordon et j’ai décidé de consacrer ma vie à la musique.
Quels autres musiciens t’ont influencé ?
On ne cite souvent que les morts ! Moi je veux parler des vivants que j’admire énormément, et pas seulement des saxophonistes. Je peux citer Herbie Hancock, Carla Bley, Winton Marsalis avec le Jazz Art Lincoln Center Orchestra ou encore Baptiste Herblain, un musicien parisien.
Continuons l’histoire …
J’ai fait l’Ecole Normale de Musique à Paris de 1985 à 1989. Mon premier album « Ali on Broadway » est sorti en 1994. Depuis, il y a eu 8 disques, le deuxième « Little Secrets » (1998) et le troisième « Drab Zeen » m’ont permis de percer sur la scène jazz internationale.
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Comment peut-on évoquer ton style de jeu ?
Je ne cherche pas à faire une « carrière de saxophoniste », je me considère plus comme un compositeur, un chercheur. Vu mes origines, on peut dire que j’ai un jeu « avec un accent ! » Je ne suis pas un gardien du temple du jazz ni un porte-parole de la musique métissée …
Mes origines libanaises, Oum Khalsoum, Fairuz c’est le bagage … le challenge c’est ce qu’on fait avec, de l’utiliser comme un catalyseur... La production actuelle au Moyen-Orient me laisse cependant parfois songeur …
Parle-nous du disque qui vient de sortir !
J’ai commencé à écrire « Untamed Elegance » juste avant le confinement. J’ai partagé les arrangements avec le pianiste Leandro Aconcha. Tous les musiciens ont fait un travail remarquable. On a enregistré parfois pendant les couvre feux… c’est le côté indompté et sauvage de la musique !
Il y a beaucoup de morceaux dédiés à des personnes que j’ai rencontrées. « Out of the blue » évoque Bassam Saba, un grand joueur de ney qui fut directeur du Conservatoire de Beyrouth, et qui est mort du covid en 2021.
« Nahawand » est une reprise d’un compositeur du 17ème siècle, Rouhi Al-Khammash. Elle s’adresse à Silvio Soave, un éminent spécialiste de musiques du monde avec qui j’ai joué. Il est également un ingénieur du son compétent. Il est responsable des mixages des disques Auvidis/Naïve.
« No more bossa » est un hommage au grand compositeur Antonio Carlos Jobim ; Il y a beaucoup d’influences brésiliennes dans ce disque.
Quelles perspectives pour promouvoir « Untamed Elegance » ?
Il n’est pas toujours facile de trouver des dates. Sur cet opus, nous sommes 13. Pour les concerts, je suis accompagné souvent d’une formation réduite de 7 musiciens.
Nous avons joué le 6 Avril à Paris au Studio de l’Ermitage, puis nous aurons une série de concert toujours dans la capitale, les jeudis dans un endroit qui s’appelle les Bascules, 3 Rue de la Bourse.
Sinon j’ai des projets à l’étranger, à Dubai, la première ville des Émirats Arabes Unis ou au pays d’Oman, avec des orchestres symphoniques et un quartet de jazz. Quant au Liban, vous connaissez la situation !
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