Barbarie.

Publié le par Raimbourg Frantz-Minh

Barbara nous a quittés il y a un peu plus de vingt ans maintenant. Dans le flot d’hommages consacré à la chanteuse, la voix de Barbarie nous a semblé singulière. Nous avons voulu en savoir un peu plus sur l’artiste qui vient de faire paraître un bel album dédié à « la longue dame brune ».

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Photo: Norbert Gabriel.

Photo: Norbert Gabriel.

Parlez-nous de votre parcours musical et artistique !

Pendant mon enfance je chantais tout le temps, partout, que ce soit sur ma balançoire, ou en voiture avec mon frère Emmanuel et notre mère… Plus tard, j’ai su par une amie que la Maîtrise de Radio France recherchait des enfants. Je leur ai écrit et j’ai été convoquée pour une audition. Ma mère m’a accompagnée pour passer le concours d’entrée…que j’ai réussi ! C’est ainsi qu’à 14 ans j’ai vécu à Paris… Bizarrement, la direction de la Maîtrise n’a pas accepté mon vrai prénom Barbarie et je fus renommée Barbara sans que je ne puisse rien dire… Je suis restée avec ce prénom jusqu’à mes 18 ans environ.

Aujourd’hui, je suis interprète au service de différents répertoires (Renaissance, Baroque, Classique, du « Monde » …), soit comme « une femme qui chante » au sein de ma propre Compagnie musicale.

 Comment s’est faite la rencontre avec le répertoire de Barbara ?

J'ai découvert Barbara par une amie à St-Marcellin, ville où j'ai vécu quelques mois, à l'âge de 17 ans (ignorant à l'époque que Barbara y avait habité !). Elle m'a fait connaître « l'Aigle Noir » sur un vinyle 45 tours. Ce fut le premier contact… Un jour, un ami m’a offert l'intégrale des chansons (en cassettes !) et j’ai pu tout écouter. Je trouvais qu'elle disait avec simplicité et poésie des émotions que je pouvais vivre sans savoir les exprimer avec mes propres mots. 

Avant de réaliser en 2006 le premier spectacle, je ne l’'avais jamais vue visuellement, ni à la télévision (pas de TV chez moi !), ni en concert.... Je ne la connaissais que par ses textes et ses enregistrements. J’ai beaucoup de correspondances avec elle sur le fond. En revanche,  je me sens très éloignée d’elle par la forme. Dans la vie, je suis plutôt « timide », je peux même me sentir parfois transparente et j’ai un désir de grande simplicité. Pour exemple, mon costume de scène de ce nouvel opus Barbara est une robe qui tient peu de place… Pas de chaussure, un maquillage maximum avec le minimum !

Photos: Norbert Gabriel.
Photos: Norbert Gabriel.

Photos: Norbert Gabriel.

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« Une femme qui chante, Barbara » a tourné de nombreuses années... Le plaisir est-il toujours intact ?

Tout à fait. Barbara est reliée à mon parcours et je me plais à l’interpréter encore d’une manière toute personnelle. Cela peut continuer je crois jusqu’au bout de mon chemin d’artiste...  .

Que s’est-il passé ensuite ?

 J'ai eu le désir fort de réaliser une création où je raconterai mon vécu, mes questionnements et mon propre parcours. "Le Temps des Rêves", ce sont des compositions personnelles. Je crois pouvoir dire que Barbara m'a en quelque sorte montré le chemin…

Actuellement, nous proposons aussi et tournons un concert (surtout chez les particuliers) où l'on peut entendre à la fois des chansons de Barbara, de Barbarie et de Piaf, avec des arrangements à notre manière...

Photo: Norbert Gabriel.

Photo: Norbert Gabriel.

Expliquez-nous ce titre d’album : « Barbara, le noir couleur lumière. »

et le choix des 13 titres ?

Après mes compos, j'avais encore envie d'être au plus près de ce tout qui se vit aujourd'hui dans le monde ... Là encore, Barbara a des mots magnifiques qui expriment cela : il y a la guerre, le déchirement, mais qu'on le veuille ou non ça repousse, la vie revient, la source renaît... "Quand tu n'y crois plus ... n'oublie pas, le jour revient quand même" (« Le jour se lève »). Pourquoi en écrire de nouveaux alors qu'ils sont là exprimant si fort ce que je souhaite dire... 

Dans sa chanson "l’Enfant laboureur", Barbara écrivait : "Et si le noir pour moi est couleur de lumière…". Cette idée est au cœur de ce nouveau spectacle : découvrir derrière des textes souvent graves, des chansons où se cachent toujours le désir d'aller au-delà : "Étonné on reprend le corps à corps, allons-y, le jour se lève encore !" (« Le jour se lève »).

Dans le premier album, je donnais à entendre une femme qui parle de sa vie, ses amours, ses désillusions, son intime, son « Je ». Dans ce second opus, je désirais interpréter son lien à l’autre, son rapport au monde, ses engagements, ses colères, son « toi », son « nous »...ses manifestes ... Le choix définitif des titres s'est fait naturellement, comme une évidence par rapport à ce que je souhaitais porter sur scène. 

Racontez-nous la réalisation du disque ! (Orchestrations, musiciens…)

Habituellement je privilégie la prise de son en concert, ou en forme concert dans le studio… Pour ce nouvel album, j’ai voulu que ce soit différent. Il y a eu d’abord deux temps de résidence de recherche et de travail avec Adeline Guihard (piano et arrangements). Puis nous avons réalisé l’album dans un studio basé dans le Périgord (Sphere Studio) avec un preneur de son (Mathieu Marietti) qui a su comprendre notre façon de travailler Les musiciens enregistraient les musiques et je posais ma voix dessus…mais toujours en très peu de prises car après on ne sait plus… et la fatigue emporte l’émotion. L’album a été produit par « Mistiroux productions ».

Photo: Basile Crespin.

Photo: Basile Crespin.

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Comment voyez-vous la scène ?

C’est un espace de liberté incroyable où je me sens vivante, reliée, fragile mais forte aussi… Le concert n’est pas construit comme un tour de chant mais comme un voyage qui met en valeur les mots des  poètes (par le passé, j'ai chanté Prévert, Rilke…) et une parole créatrice.

                                     Entretien réalisé par Frantz-Minh Raimbourg.

Publié dans Chanson Francophone

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