Gwen Cahue.

Publié le par Raimbourg Frantz-Minh

Entretien avec le guitariste à l’occasion de la sortie de son deuxième album et de son duo Melkoni Project avec la chanteuse Louise Perret.
Gwen Cahue.
Gwen Cahue.
Raconte-nous tes débuts musicaux !
Je suis originaire de Vannes, dans le Morbihan en Bretagne. Mes parents n’étaient pas musiciens, mais écoutaient beaucoup de rock des années 1960, des groupes  comme Led Zeppelin, les Doors, etc…. Je suis autodidacte et j’ai d’abord été attiré par Jimi Hendrix. Je m’entraînais à rejouer ses morceaux note par note par-dessus les disques qu’on avait à la maison.  Un jour, un ami de classe guitariste m’a donné un CD de Django Reinhardt. Je trouvais ça magnifique, mais je n’avais pas du tout le vocabulaire jazz et les codes. A Nantes, grâce entre autres au guitariste Daniel Givone, j’ai commencé à mieux appréhender le jazz manouche. Je suis parti m’installer à Strasbourg et j’ai eu la chance de rencontrer et de jouer avec Bireli Lagrene, Tchavolo Schmitt et  Yorgui Loeffler. J’étais complètement immergé dans ce monde et cela m’a permis de parfaire mes connaissances, de corriger mes défauts… Je ne suis pas manouche et  il a fallu que je fasse « mes preuves », que je m’impose…
Gwen Cahue Quartet : (avec : Bastien Ribot, Julien Cattiaux,  William Brunard). Festival Django Reinhardt 2019. (Photos : Frantz-Minh Raimbourg)
Gwen Cahue Quartet : (avec : Bastien Ribot, Julien Cattiaux,  William Brunard). Festival Django Reinhardt 2019. (Photos : Frantz-Minh Raimbourg)

Gwen Cahue Quartet : (avec : Bastien Ribot, Julien Cattiaux, William Brunard). Festival Django Reinhardt 2019. (Photos : Frantz-Minh Raimbourg)

Dès ton premier album « Memories of Paris », tu rendais hommage à de grandes figures comme George Gershwin, Antônio Carlos Jobim, Clifford Brown et Michel Petrucciani qui ne sont pas précisément des musiciens manouche ?
Je pars d’une formule traditionnelle pour aller vers d’autres horizons musicaux. « Memories of Paris » restait sur une ambiance assez swing. Avec « Margin Call » (Label Ouest) qui signifie littéralement « Appel de marge », j’ai « poussé le bouchon » encore plus loin, en reprenant des morceaux de Cole Porter, Charlie Mingus, Oscar Peterson, Eddy Louiss, mais également Astor Piazzolla et même Radiohead !
Le son reste le même, mais cela pose la question : « jusqu’où peut-on amener le jazz manouche ? ». Pour « Exit Music (For a Film) », du groupe de rock britannique, J’avais d’abord entendu une version jazz de Brad Mehldau, c’est une balade et cela n’a pas été très compliqué. Pour « Soledad » du grand compositeur argentin, ce fut plus difficile, j’ai essayé de trouver une structure qui fonctionne…
Il y a aussi deux compositions personnelles ?
Oui, il y en une (« Soundscape ») qui m’a été inspiré par des musiques de films, ce n’est pas du jazz, c’est plutôt écrit comme une suite. L’autre, « Clin d’œil » fait référence à Django.
Parle-nous des musiciens qui t’accompagne ?
Au départ, nous étions un trio. Le contrebassiste William Brunard est un vieil ami, On s’est rencontré dans des jams manouches à Paris et on joue ensemble depuis plus de dix ans. Julien Cattiaux, l’autre guitariste habitait à Nantes. Nous sommes devenus un quartet avec l’arrivée de Bastien Ribot qui s’est produit entre autres avec Angelo Debarre et  Stochelo Rosenberg.
Avec Louise Perret (Melkoni Project). Au "Port du Salut" à Paris. (Photos : Frantz-Minh Raimbourg)
Avec Louise Perret (Melkoni Project). Au "Port du Salut" à Paris. (Photos : Frantz-Minh Raimbourg)

Avec Louise Perret (Melkoni Project). Au "Port du Salut" à Paris. (Photos : Frantz-Minh Raimbourg)

Comment s’est passé la réalisation de ce second opus ?
On avait une tournée prévue aux Etats-Unis, quelques dates en été, tout a été annulé par la pandémie. On ne s’est pas vu de l’année et l’enregistrement qui était prévu en septembre a été décalé en décembre. Tout s’est fait donc assez rapidement, même si j’ai mis pas mal de temps à réfléchir sur le choix des titres. Il n’y a eu que deux répétitions avant de rentrer en studio. C’est là que les arrangements ont été peaufinés en partie. L’album s’est fait ensuite en live en quatre jours, et il y a eu également beaucoup d’improvisation.
Quels sont tes projets ?
J’aime toujours le répertoire manouche, mais je ressens parfois comme une petite lassitude à jouer les mêmes phrases, les mêmes morceaux. Dans le futur, j’aimerai peut-être travailler avec un accordéoniste, orienter plus ma musique vers des climats, des univers, des ambiances différentes.  Actuellement, je travaille avec la chanteuse Louise Perret, C’est un duo (avec la complicité des frères Brunard) qui se nomme Melkoni Project (NDLR : entretien avec Louise Perret et Gwen Cahue sur ce même blog) et qui navigue entre jazz et chanson française.
                                       Entretien réalisé à Paris par Frantz-Minh Raimbourg.

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