Octantrion.

Publié le par Raimbourg Frantz-Minh

Par Jean-Pascal Assailly.   
 
Le duo Octantrion composé de Gaëdic Chambrier (cistre basse nordique, mandoloncelle, guitare-harpe) et Éléonore Billy (nyckelharpa suédois, hardingfele norvégien)  a sorti son nouvel album "II" le 22 octobre 2021 chez Quart de Lune / UVM Distribution. Il présentera ce nouvel opus  sur la scène du Studio de L'Ermitage le jeudi 3 février 2022,  ainsi qu'à l'occasion d'une tournée de concerts à travers la France. Nous les avons rencontré afin d’en savoir plus ….
Photo: Eric Legret.

Photo: Eric Legret.

Alors, le nyckelharpa, qu’est-ce que c’est ? 
Eléonore Billy : En suédois, Nyckel veut dire la clef et Harpa la vielle. C’est donc une vielle à touches.
Qu’est-ce qui t’as amené à en jouer ?
EB : L’histoire a commencé avec le trad suédois que j’ai découvert dans les années 2000. Je jouais du violon et en approfondissant son étude je suis tombée sur ce curieux instrument. Cela m’a tout de suite intéressée, je suis partie en Suède pour l’étudier Il y avait encore assez peu de choses sur ce sujet en France.
Je n’étais pas passionnée par la musique à danser, mais plutôt par l’échange avec des musiciens venus de différents horizons. Essayer de reproduire les formes traditionnelles de ce pays n’aurait donné qu’une pâle copie… En « triturant » le nyckelharpa, J’ai joué d’autres styles : celte (j’ai joué dans une formation parisienne, Boann, avec un répertoire de chansons. On a sorti un album l’année dernière (« The Two Sisters »), mais le groupe n’existe plus aujourd’hui), baroque, jazz, contemporain, des spectacles pour enfants et maintenant avec Octantrion, alors que Gaëdic vient du rock, du métal !
A chaque fois qu’on aborde une autre forme musicale, on change l’utilisation de l’instrument. Je viens de passer une semaine avec un groupe de free jazz…je peux t’assurer que le nyckelharpa a décidément des ressources inépuisables et inépuisées !
Et pour varier le son, j’ai plusieurs modèles : un avec des touches à quarts de ton, un autre en sol do ré la et encore un en accord ouvert : La bémol Mib Lab Mib.
Où peut-on en trouver en France ?
EB : Il y a deux solutions : le louer, par exemple au luthier Jean-Claude Condi à Mirecourt (35 euros par mois), ou en acheter un. La luthière Annette Osann qui est installée depuis 2007 à Dole dans le Jura en fabrique pour 3500 euros environ !
Photos : Eric legret
Photos : Eric legret

Photos : Eric legret

Et Gaëdic ?
Gaëdic Chambrier : Je joue de la guitare électrique, des mandoles, des cistres et j’ai fait faire des instruments qui permettaient des quarts de tons et des résonnances sympathiques. Par exemple, le cistre basse nordique, qui descend très bas jusqu’à la note LA grave, à 5 cœurs pourvus également de quarts de tons par frettes supplémentaires partielles (intéressant surtout pour des musiques modales à bourdon). Il a un multi-diapason et des petits inserts dans la touche pour visser des capos partiels. Je l’ai fait fabriquer en Suède.
J’ai également des guitares et mandoles à double manche. Même si je ne joue pas sur l’un des manches, je mets un capo au même endroit que l’autre pour les résonances.
Photo : Marius Lenière

Photo : Marius Lenière

Photo de couverture du CD : Peters Bernard

Photo de couverture du CD : Peters Bernard

La musique et le nom du groupe se sont fait comment ?
EB : Le nom Octantrion est une idée de Gaëdic. Il faut penser au Septentrion, l’étoile du nord, le nord astronomique et le nord des poètes. Même si nous sommes très marqués par les musiques nordiques, on voulait aller au-delà…
Certains morceaux sont inspirés d’airs venus de la mémoire des pays scandinaves et quelques unes des compositions également. cela reste néanmoins modal... Nos influences sont multiples : je pense par exemple au nyckelharpiste Johann Hedin, à Led Zeppelin, pour ce qui est de mêler l’énergie du rock avec différents styles venus d’un peu partout, ce que Robert Plant continue à faire merveilleusement aujourd’hui. Les musiques du sud de la Méditerranée qui sont à quarts de tons nous influencent également, les vikings sont descendus jusque là !
GC : Ce disque emprunte des personnages de la mythologie scandinave avec les deux corbeaux du Dieu Odin, Hugin (la pensée du dieu) et Munin (la mémoire du dieu), des animaux très intelligents. Celui qu’on appelait « le Père de toute chose »  les envoyait parcourir la planète et les oiseaux lui rapportaient l’état du monde. On essaye de créer une ambiance poétique autour. Le 22 Octobre  une vidéo est sortie (« The Dead King »), un morceau chanté où le texte parle du passage d’une culture animiste polythéiste à une culture chrétienne qui va stigmatiser ces animaux et en faire des idoles païennes et maléfiques …
Des projets ?
GC : L’album est sorti officiellement le 22 octobre. Il va y avoir des tournées dans toute la France. Par ailleurs, je suis aussi guitariste de Cécile Corbel, Eléonore et moi avons joué sur son dernier disque. Enfin, nous avons participé à la bande son d’un jeu vidéo (« Plague Tale »), qui a remporté des prix et nous ferons de même pour le prochain volume.

Publié dans Folk

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article