Ottilie [B].

Publié le par Raimbourg Frantz-Minh

Entretien avec une passeuse de sons et d’émotions à l’occasion de la sortie de son  deuxième album aux paysages multiples (« Coup de Cœur de l’Académie Charles Cros 2018 »).

FGO-Barbara (Paris). Novembre 2017.  (Photos: Frantz-Minh Raimbourg)
FGO-Barbara (Paris). Novembre 2017.  (Photos: Frantz-Minh Raimbourg)

FGO-Barbara (Paris). Novembre 2017. (Photos: Frantz-Minh Raimbourg)

Raconte-nous ton « enfance musicale » !

Je chantais beaucoup avec mes parents, ma famille. A la maison, on écoutait un peu tous les styles : du classique, du jazz, du folk, (Simon and Garfunkel, Cat Stevens,…), de la chanson française (Jacques Higelin, Serge Gainsbourg, Maxime le Forestier,…). Puis plus tard à l’adolescence, j’apprenais des répertoires que je jouais dans la rue, les bars ou dans les festivals… J’avais déjà l’envie de monter des spectacles… Ma première vraie scène, je devais avoir 13 ans, je faisais un solo guitare/voix et c’était une première partie de Sacha Distel !

Pourquoi Ottilie [B] ?

Ottilie, c’est mon vrai prénom. Le [B] m’a donné une liberté, un nom d’artiste qui me différencie de la personne que je suis dans la vie réelle. Même si j’ai commencé très jeune à me produire en public, j’ai mis beaucoup de temps à me sentir à l’aise sur scène.

Tu as fais une formation de M.A.O. (Musique Assistée par Ordinateur) et tu es entourée de musiciens comme Didier Simione (aux machines/clavier/basse) venant de la musique électro acoustique ?

Didier est un créateur qui a une grande finesse sur le son. Sa collaboration m’est essentielle. En ce qui me concerne, la voix et l’écriture restent mes matières artistiques principales. Je m’accompagne à la guitare et à l’accordéon mais je ne me considère pas réellement comme une instrumentiste.

FGO-Barbara (Paris). Novembre 2017. Pendant les balances. (Photos: Frantz-Minh Raimbourg)
FGO-Barbara (Paris). Novembre 2017. Pendant les balances. (Photos: Frantz-Minh Raimbourg)
FGO-Barbara (Paris). Novembre 2017. Pendant les balances. (Photos: Frantz-Minh Raimbourg)

FGO-Barbara (Paris). Novembre 2017. Pendant les balances. (Photos: Frantz-Minh Raimbourg)

Ton premier disque se nomme « Histoires d’O2 » ?

C’était une réaction composée de nombreux sentiments contradictoires par rapport au livre de Pauline Réage publié en 1954. Musicalement, il était à la fois « chanson, électro et musiques du monde » !

Il y a eu un an après un EP Live « Histoires d’O Deux [live] », travaillé avec Nicolas Repac,  contenant quatre titres déjà enregistrés et deux inédits. J’avais envie de donner une plus grande dynamique à cette première galette que j’aime beaucoup, mais que je trouve peut-être trop en retenue.

Comment écris-tu ?

Cela dépend. Je n’ai pas vraiment de méthode. Je peux écrire dans l’urgence, très rapidement, ou prendre beaucoup de temps pour peaufiner un texte… Il y a toujours une idée de départ. Après je fouille, je tombe sur quelque chose que je n’avais pas prévu initialement. Je cherche en permanence… Dans tous les cas, il s’agit de donner du sens et pourquoi pas une certaine spiritualité à la création. Cela peut prendre beaucoup de temps…

Ottilie [B].
Ottilie [B].

Parle-nous de « Passage » ton dernier opus !

Il est à la fois dans le prolongement et plus ouvert que le premier. Cela m’a pris trois années pour le composer et le réaliser. Je suis allée en Laponie, en Mongolie, sur l’Île de la réunion… J’avais un enregistreur afin de capter les résonances du monde qui m’entouraient, qu’elles soient humaines (voix, instruments traditionnels,…) ou  parfois au cœur même de la nature.

Quand on regarde le spectre sonore d’un son, c’est déjà un dessin, un tableau...A partir de ce que j’ai vu et entendu, j’ai taillé et réinventé mon chant à ma manière, comme un sculpteur avec son matériau. La mélodie s’ajuste alors naturellement entre les mots et/ou les sonorités.

Les textes évoquent les naissances, la toute première bien sûr mais aussi celle qui par le biais de la création nous ramène vers la conscience qu’on a de soi, d’où l’idée de « passage » ! Ce que j’ai envie, c’est d’amener l’auditeur en voyage vers des « portes » qui restent ouvertes.

Denis Péan du groupe Lo’Jo et la Réunionnaise Christine Salem ont collaboré avec moi sur deux titres. J’ai beaucoup appris à être avec eux…

Et la scène ?

Ma base, c’est de travailler avec des gens que j’aime ! Actuellement, je suis en solo (avec l’aide d’un pédalier MIDI et d’un accordéon)  ou avec deux musiciens (Jean Gros du groupe pop-rock Serafine et Christophe Charlemagne). Les spectacles changent continuellement, il y a toujours des moments d’improvisation…

Tes projets ?

Je suis en train d’écrire et de concevoir un troisième album qui sera un peu la synthèse des deux premiers…

                                Entretien réalisé par Frantz-Minh Raimbourg.

Publié dans Chanson Francophone

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