Duo Montanaro.

Publié le par Raimbourg Frantz-Minh

Rencontre avec le père et le fils à l’occasion de la sortie d’un album en duo où se mêlent de belle façon les violons et les vents.

Photos: Laura Berson.
Photos: Laura Berson.

Photos: Laura Berson.

Racontez nous votre parcours à chacun…

Miquèu : Je suis un enfant de l’après-guerre. J’ai participé au renouveau des musiques traditionnelles du sud de la France et de la Provence en particulier dans les années 1970. Mon instrument principal a toujours été et reste le galoubet tambourin. Je suis devenu musicien professionnel et intermittent du spectacle après avoir abandonné l’Education Nationale. A l’époque, je jouais dans un groupe qui s’appelait « Passage » qui a tourné surtout en Hongrie. J’ai été également  pianiste et comédien au sein de la Compagnie de marionnettes Coatimundi. Et puis il y a eu le collectif « Vent d’Est » avec une vingtaine de musiciens magyars, serbes, bosniaques, croates, slovaques, tchèques, anglais et français. J’ai composé des musiques pour des films documentaires et fictions, des pièces de théâtre, des chorégraphies. Je me suis toujours passionné pour la chanson et toutes les formes musicales, qu’elles soient improvisées, de chambre ou bien sûr de partout dans le  monde, ce qui m’a permis de collaborer avec des artistes comme Barre Philips, Carlos Rizzo, Arthur H, Georges Moustaki, le Quatuor Talich et tant d’autres…

Baltazar, Je suis né en France dans les années 1980 et c’est le pays ou j’ai grandi au son des musiques d’ici et d’ailleurs. De mon enfance, j’ai le souvenir d’une période un peu « folle » où les musiciens passaient en grand nombre à la maison. Pendant les vacances, je passais beaucoup de temps en Hongrie, le pays de ma mère. Certains artistes de là-bas comme le fameux Tamàs Szarka ou les violonistes Csaba Ökrös et Ferenc Kovàcs m’ont d’ailleurs plus tard beaucoup inspiré.

En ce qui concerne mon apprentissage musical proprement dit, j’ai débuté le violon à l’âge de 9 ans. Il y a eu l’enseignement « classique » dont je ne garde pas un excellent souvenir et la musique trad’ avec entre autres un musicien (Patrice gabet) des groupes Aksak et Rigodon Sauvage. Actuellement, je suis à la fois musicien, compositeur, poète et dessinateur. Mon univers musical personnel relie les musiques du monde aux musiques contemporaines et les musiques actuelles.

: J’étais dans l’expérience et Baltazar qui a été nourri par tout ce qu’il a entendu est plutôt dans l’évidence !

Photo: Laura Berson.

Photo: Laura Berson.

Miquèu, parlez nous de la Compagnie Montanaro !

: C’est un outil de création que j’ai créé en 2001 avec de nombreux compagnons de route et qui s’est mobilisé autour du réseau des nouvelles musiques traditionnelles et des musiques improvisées, avec un ancrage provençal et une ouverture qui m’a toujours semblé évidente sur l’international et une certaine forme de métissage culturel.

Et c’est Balthazar qui reprend aujourd’hui le flambeau ?

B : « La Compagnie », c’est un héritage… Plutôt que reconstruire une structure, il était plus pratique que je puisse continuer de défendre ce projet…

Crédits pochette: Boris Trouplin et Leen devyver.

Crédits pochette: Boris Trouplin et Leen devyver.

 Comment vous est venue l’idée de travailler ensemble sur ce nouvel album, Ki ?

: « Ki » en hongrois signifie à la fois « extérieur » et « qui ? ».

: Ce disque là ressemble à ce qu’on est maintenant… On a écrit en pensant à l’autre. Dans le duo précédent, je jouais de l’accordéon et des flûtes. J’ai laissé le piano du pauvre de côté et on a privilégié l’apport des vents et des cordes frottées. L’idée était de pouvoir créer des morceaux qui nous donnent des possibilités de liberté. Dans le "travail" précédent, on avait déjà envie d'aller dans cette direction. On a fait quelques résidences, essayé des « choses » décidé d’enregistrer un certain nombre de pièces, puis on a fait une sélection afin de faire un disque très homogène, original et qui correspond à notre dialogue d’aujourd’hui. Le chemin est toujours le même, c’est maintenant le paysage qui change… 

: C’est un jeu d’écriture, une correspondance musicale à double sens, sachant que nous nous connaissons bien, avec nos qualités et nos faiblesses… Mes mélodies sont, par exemple proches de celles de mon père.  On est toujours la somme des rencontres, de tout ce qu’on peut faire par ailleurs. Aujourd’hui, on joue d’une certaine manière, dans trois mois ce sera certainement différent…

Et la scène ?

: Quand on joue en public, on est forcé de s’écouter… Il y a des points de rendez-vous et d’autres moments sur lesquels on peut s’étirer… Parfois certains spectateurs ressentent le besoin de se lever et de danser, ce qui va nous amener à transformer à un moment notre musique...

: Baltazar a raison, on est en permanence dans une écoute très forte…que ce soit entre nous ou avec ceux qui sont venus nous voir et entendre…

Emission  Ocora Couleurs du monde.Françoise Degeorges. France Musique. Maison de la Radio. (Photos: Frantz-Minh Raimbourg)
Emission  Ocora Couleurs du monde.Françoise Degeorges. France Musique. Maison de la Radio. (Photos: Frantz-Minh Raimbourg)

Emission Ocora Couleurs du monde.Françoise Degeorges. France Musique. Maison de la Radio. (Photos: Frantz-Minh Raimbourg)

Parlez-nous de vos collaborations « extérieures » actuelles au Duo !

: J’ai un autre duo avec le compositeur Christian Sebille, directeur du GMEM Marseille. Il retraite en direct de façon électronique les propositions musicales que je réalise avec les galoubets. C’est une belle expérience qui se fait avant tout « en live »…

J’ajoute qu’on me demande de plus en plus de jouer de la flûte dans différentes formations, d’être interprète d’autres musiciens et de composer des pièces souvent d’inspiration contemporaine pour des quatuors ou duos de galoubet tambourin…

B : Je joue dans plusieurs groupes avec des accordéonistes merveilleux : en duo avec Sophie Cavez, avec Pablo Golder dans le groupe « Fratelli Tarzanelli » et « Zef » avec Laurent Geoffroy, Aurélien Clarambaux, Damien Dulau et Jean-Michel Martineau. J'ai aussi des projets plus personnels, comme un spectacle sur la première guerre mondiale…

           Entretien réalisé par Frantz-Minh Raimbourg au Studio de l’Ermitage à Paris.

Publié dans Folk

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